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Dans une industrie de la mode toujours plus saturée où les statements puissants se font rare, Miuccia Prada ne cesse de se renouveller et de briller depuis 1978

Ghesquière. Simons. Prada. Philo. Invariablement, à chaque fashion week, son nom revient dans le haut du panier des meilleurs shows, et figure parmi dans la fameuse liste si controversée des “3 real innovators” au côté de Raf Simons (Raf Simons, ex-Dior et Jil Sander) et Nicolas Ghesquière (Louis Vuitton, ex-Balenciaga). Miuccia Prada serait donc une des trois seules directeurs artistiques à innover profondèment et à apporter une contribution plus qu’importante à l’industrie. À la tête d’un empire de plusieurs milliards d’euros, son influence est sans limites. D’après Jo Ellison du Financial Times, plus de 5 labels, parmi lesquels Erdem et Simone Rocha, se sont inspirés pour leurs shows londoniens FW15 du brocard (un tissu épais) de Miuccia Prada et de sa collection SS15. Et, ceci n’est qu’un des nombreux exemples “d’inspirations” s’apparentant plus ou moins de la copie de la reine italienne. Pourtant, malgré tout ce buzz autour d’elle, celle qui a remporté en 2004 le CFDA International Designer Award reste d’une modestie à toute épreuve. Étude d’un ovni surpuissant et détonnant dans un milieu aux égos surdimensionnés.

miuccia prada pour interview magazine
miuccia prada pour interview magazine

Communiste et doctorante en science politique de l’université de Milan, rien ne laissait penser que la jeune féministe se trouverait à aider l’entreprise familiale milanaise fondée en 1913, qui se résumait jusqu’alors à quelques sacs et lunettes. Celle qui distribuait des tracts communistes tout en portant du Yves Saint Laurent (quand on y pense le luxe et le communisme ne sont pas si incompatibles) a en effet hérité du business familial en 1978, se trouvant principale (et unique) héritière de Fratelli Prada (le nom porté à l’époque par la marque”.

“Chaque jeune enfant qui était un peu futé était de gauche. je n’étais pas si spéciale.” – Miuccia Prada

On s’en doute, sans aucun background artistique, à l’exception de ses quelques études en mime, les débuts sont plutôt laborieux, et ne sont pas sans rappeler ceux de Consuelo Castiglioni, que j’avais évoqué dans mon magnifique oeuvre “marni, la luxueuse avantgarde italienne”. mais, en 1984, elle lance un sac à dos en nylon (oui, pas en cuir ou en peau d’animal placé sur la liste des espèces en voie d’extinction) qui deviendra une pièce iconique.ooutre son design plutôt original, le fait qu’il soit en nylon relève bien le génie de cette femme. Dans une industrie du luxe habitué à des matériaux plus nobles les uns que les autres, Miuccia va à contre-courant, se rit de centaines d’années de principes et brise les codes. Comme l’appelle Alexander Fury, c’est la grande renonciation du nylon. Renoncer à suivre bêtement des diktats, à suivre à la lettre des règles, renoncer à se plier aux exigences sociétales. être un vrai directeur artistique quoi. Vous allez probablement me dire qu’il n’y a rien d’exceptionnel à lancer un sac en nylon sachant que Décathlon/Go Sport/Intersport/blablabla le fait aussi, mais je pense que le vendre à des prix contenant plus de 2 chiffres est, en revanche, exceptionnelle.
L’entreprise prend une tournure nouvelle en 1986, lors d’une trade-fair. Elle y rencontre celui avec qui elle partage sa vie, Patrizio Bertelli (co-CEO avec elle de Prada). Lors de cette fameuse fair, miuccia a accusé bertelli de copier sans vergogne les designs de ses produits (bon début pour une relation), mais, sans qu’on ne sache trop comment, les deux compères ont fini par s’associer, et d’ailleurs se marier un an plus tard. Pourquoi si tôt ? Selon Bertelli, cela serait “moins cher sur le long terme de l’épouser”, étant “such a first-rate worker and designer”. Comprenez que Bertelli avait tout de suite décelé le potentiel de Miuccia et a choisi de l’épouser avant qu’elle ne devienne célèbre et que cela ne soit plus coûteux de l’épouser. On a vu plus mignon comme justification, mais quand on sait que Patrizio aurait dit à Miuccia lors d’une réunion développement produits qu’il “urinerait sur ses sacs à main”, ça passerait presque pour une déclaration d’amour.

Miuccia Prada et Patrizio Bertelli à l'America's Cup Hall of Fame
Miuccia Prada et Patrizio Bertelli à l’America’s Cup Hall of Fame

Anyway, c’est grâce à cet archange de la délicatesse et de la finesse que Miuccia Prada lance sa ligne womenswear en 1988. En effet, Bertelli l’a poussée à passer au design de collection en lui annoncant que si elle refusait de le faire, il se chargerait en personne d’engager un ou une professionnel(le) pour le faire (romantisme, quand tu nous tiens). et il faut croire que cela a marché. La 79ème femme la plus puissante de la planète selon forbes a toujours admis ne pas savoir d’où cette détermination venait. Dans un entretien accordé au Guardian, elle avoue : “Ma meilleure qualité est son instinct. Quand on me demande si je suis heureuse que quelque chose ait pris une certaine tournure, je réponds “bah! je ne sais pas. je n’ai jamais eu de but.” j’agis et je réagis. j’ai un guide spécial en moi”. C’est probablement cela qui rend Miuccia Prada si spéciale. Cette capacité à se fier à son instinct, sans trop chercher à savoir si qu’elle fait est “tindince” ou “dans la vague”, elle sait comment toucher autrement autrui.

Sa première collection, la Fall Winter 1988, est une preuve plus que tangible de son génie (la collection entière est visible right here). les silhouettes et les looks sont étrangement contemporains, et relativement portables. surtout, alors que les 80s sont censés être l’époque du glamour et du sensuel, miss miuccia prada semble en avance sur son temps (pas trop non plus l’austère revient deux ans plus tard pour les 90s) avec ses tenues sobres, presque militaires parfois (cf look 2), et souvent formelles, sans trop d’excentricité, mais en même temps tellement féminines.
Miuccia poursuit sur sa lancée sans trop de difficultés, ni d’ailleurs trop de doutes. Elle lance sa ligne menswear en 1995, et on ne parle pas içi de trois costumes bleu marine avec une chemise blanche d’un basic ridiculement inutile (no shade tho)

Du full-printed outfit avec des loafers. Des sandales (merci, par conséquent, de ne plus vous attribuer un award quelconque de fashion visionary ou de trendsetter parce que vos pieds à l’hygiène souvent douteuse se retrouvaient dans des sandales que vous aviez probablement d’ailleurs acheté car: trendy aux fashion weeks) avec un varsity jacket à col de costume ???? Mélange des genres sensuel et intriguant, mais deux conclusions ressortent :
1) Tout le monde veut se taper l’homme Prada
2) C’est bien là la force de Miuccia Prada, arriver à intriguer dans les moindres détails, ne pas se montrer grossière en présentant une mode désintellectualisée. C’est certes bien complexe à assimiler, et j’ai eu moins de mal à résoudre mon Lagrangien en maths qu’à tenter de comprendre les statements qu’elle fait dans ses shows, mais c’est ça qui la rend géniale. On ne s’approprie pas Prada comme on s’approprie Dolce&Gabbana ou Versace, les lignes sont brouillées, la compréhension n’est pas aisée, on cogite, encore et encore, et on en redemande.

Miss Werbowy qui arpente le runway dans cette jolie robe dorée, au bustier qui verse plus dans le Versace qu’autre chose, et ponctuée de petits détails que j’arrive pas à reconnaitre. Cette photo a un rendu dément. Le make-up léger, dorant les lèvres, ce faciès si serein et si impénétrable, cette robe à la fois imposante et légère, le look tout entier est dément, et pourtant, il me serait bien complexe d’expliquer pourquoi. C’est un feeling au niveau des tripes, un feeling inexplicable.
Un peu comme quand vous allez à la Fondazione Prada (mais quelle transition de qualité supérieure). Outre l’architecture absolument radieuse, si moderne, dorée, lumineuse, imposante, c’est surtout la curation artistique qui est à tomber. Bien que les expositions changent souvent (c’est le principe d’un musée en fait), on est jamais déçu. Pour être allé à celle de Milan (il y a deux batîments, le deuxième étant à Venise), et pour avoir tanné mes parents pendant une journée pour y passer deux heures, je vous assure que ca vaut plus que le coup. Et bien évidemment, c’est l’idée de qui ??? Miuccia Prada. L’expo temporaire Serial Classic, qui explorait, à travers des statues grecques et romaines, l’ambivalence entre ces deux cultures, et surtout la notion d’imitation et de copies en mettant côte-à-côte statues originales et leurs copies, était mise en valeur dans un batîment baigné de lumière, et était pour le coup vraiment top. Bref, du génie.
Pourtant, beaucoup pourraient voir ça comme une manière habilement dissimulée de vendre plus de sacs pour Prada, surtout quand on sait que les ventes sont en baisse depuis quelques années et que le taux de croissance de Miu-Miu, la marque un peu plus jeune et récente de Miuccia que l’on ne présente plus, est plus haut que celui de Prada. Mais Madame Prada a toujours été liée au monde de l’art. Les imprimés sur les pièces de la collection FW16 ont été réalisés par Christophe Chemin, un artiste français, tandis qu’elle a sorti un sac, considéré par beaucoup comme immonde, en collaboration avec l’artiste contemporain Damien Hirst. Ca n’est pas une simple lubie commerciale, c’est un véritable goût pour ce domaine si proche de la mode, qu’elle semble si bien comprendre.

Cet article n’a probablement pas beaucoup de sens et est probablement décousu, mais tout ça représente bien pourquoi je respecte tant cette femme, au-delà du fait qu’elle soit une des seulEs CEO d’un grand groupe de l’industrie de la mode. Ca n’a pas forcèment de sens au premier abord, il faut revoir, ré-étudier, pour tenter de comprendre, mais au final on se prend au jeu, et on ne peut qu’admirer le travail.

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