Ou comment Nasir Mazhar continue d’explorer les frontières toujours plus fines des subcultures londoniennes.


Amis du changement perpétuel et de la nouveauté absolue néanmoins consensuelle, passez votre chemin, Nazir Mazhar is having none of your shit. Le designer britannique d’origine turque et chypriote, originellement créateur de chapeaux et de casquettes aux formes et motifs pour le moins spéciaux (ce que le fait que Lady GaGa en porte confirme aisément), explore depuis 2012 un univers bien à lui, et sur lequel il est difficile de placer des mots.

Mais, comme notre belle langue française regorge de mots, on va quand même placer des mots dessus, et on va essayer de ne pas se contenter de tout pomper sur BoF ou sur VogueRunway.

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Nazir Mazhar, c’est l’histoire d’une étude perpétuelle et invariable du sportswear à travers le prisme des cultures urbaines londoniennes, avec pour chaque saison un focus bien particulier, et il semble que ce soit içi l’utilurbain (contraction que personne n’utilise des mots utilitaire et urbain). Utilitaire de par la part (hihi) belle donnée aux teintes militaires traditionnelles, notamment le kaki, mais surtout et avant tout pour l’omniprésence du mood army. Pantalons ayant plus de poches que les Balkany n’ont de casseroles aux fesses, Buffalo aux pieds, gilets sans manches, backpacks qui semblent tout droit revenir des surplus de l’armée américaine, et combinaisons s’apparentant à un assemblage de polaires Quechua sous stéroïdes et de pantalons de ski vendus chez 10 Corso Como, rien n’est laissé au hasard et ce thème récurrent est plus présent que jamais.
Mais, dans “utilurbain”, à défaut d’avoir “Raf Simons”, il y a “urbain”, le petit jeune clubber fan de garages parties et de raves qui n’hésite pas à embrasser la so-called “fluidité des genres” (gender fluid sonne mieux) et un style radical et sans concessions. Et c’est bien là le génie de l’homme.

Une combinaison en dentelle. EN DENTELLE. Finie l’époque où l’homme se contentait de la voir sur la nappe de cette vieille folle de belle-mère manipulatrice fan de la Manif Pour Tous, la dentelle fait son arrivée (depuis a while tho) dans le vestiaire masculin, et pas qu’à moitié. Fine, aux motifs snowflakes et fleurs, et surtout complétement aux antipodes de l’inspiration même de la combinaison, la dentelle fait son show et fournit içi un très joli contraste.
Et ce manteau en fourrure verte aux reflets blancs, tout simplement SUBLIME, contraste lui aussi, par sa sensualité à fleur de peau, avec le mood un peu plus sombre du défilé.

 

Bref, vous l’aurez compris, chez Mazhar, mélanger les codes et les inspirations est une habitude quasi-religieuse qui ne manque pas de fidèles. On valide trois fois à la rédaction.

Crédits photo de tête et de toutes les jolies photos backstage: Chloé Le Drezen
Crédits photos runway : Vogue

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